4 févr. 2015




Les amoureux de la littérature togolaise ont assisté à la naissance du nouvel ouvrage <<Watain>> du Dr Nikabou GMAKAGNI, docteur en lettres et sciences humaines et enseignant à l ISICA. C’était au cours d’une cérémonie le vendredi 30 janvier dernier à l’auditorium de l’Université de Lomé.
Apres l’installation des invités, la cérémonie de lancement a débuté comme prévu aux environs de 15heures. L’auteur a, dans son mot de bienvenue, témoigne sa gratitude aux différentes personnalités qui ont honoré l’évènement de leurs présences. Il a ensuite, dans ses mots introductifs, fait une brève présentation du titre de l’œuvre. En effet, Watain est un nom bassar donne aux enfants sacres et qui désigne littéralement <<la terre du fétiche>> ou <<l’enfant du fétiche>>. Les garçons se prénomment <<Wadja>> et l’équivalent féminin est <<Wapou>>. Généralement réservé aux femmes, le nom <<Watain>> a été donne dans l’ouvrage à un homme. Dr GMAKAGNI a également indiqué qu’il existait quatre types de noms en pays bassar dont les noms maternels et de signification, ceux importes et les noms de jour. Les premiers sont donnes aux enfants en référence à la profonde reconnaissance que la tradition exprime à l’égard des femmes, véritables sources de vie de l’humanité. Il s’agit entre autres de Napo, Agba, Nikabou pour les garçons et de Monfaye, Namon, Adjo pour les filles. Quant aux noms de signification, ils tirent leurs origines des visions ou souhaits des parents. C’est le cas du nom de l’auteur, GMAKAGNI, qui veut dire <<qui ne connait pas>> ou encore de Tchamanmi signifiant <<laissez-moi en prison>>. Ce roman d’une centaine de pages paru en octobre dernier aux éditions Panthéon porte sur la problématique du mérite face aux pratiques tribalistes de même que la discrimination et les querelles d hiérarchie. L’ouvrage met aussi un accent sur la brillance scolaire et les réalités de la vie professionnelle. L’absence de liberté d’expression et le contraste du statut du journaliste africain y sont mis en exergue. L’auteur sillonne à travers les pages les artères de l’administration infestée par la corruption et le népotisme qui l’emportent sur le mérite et la compétence. Il peint un sombre tableau des femmes qui, à son avis, constituent des occasions de chute pour les hommes. <<A une heure ou les Togolais doivent s’unir et oublier les démons du passe, il faut que cessent ces pratiques malsaines qui avilissent l’image de notre société>>, a-t-il entre autres déclaré. D’autres littéraires ont assisté à cette cérémonie à l’instar du poète Joseph Kokou KOFFIGOH. Il a, dans sa prise de parole, félicité l’écrivain qui est à son premier ouvrage. Selon ses propos, Dr Nikabou GMAKAGNI vient d’ajouter une touche particulière à la littérature togolaise jeune et peu féconde. Apres les prestations des artistes de la chanson comme Ali Bawa et Bibi Reine, la cérémonie s’est clôturée tard dans la soirée avec un cocktail dinatoire.