Les amoureux de la littérature
togolaise ont assisté à la naissance du nouvel ouvrage <<Watain>>
du Dr Nikabou GMAKAGNI, docteur en lettres et sciences humaines et enseignant à
l ISICA. C’était au cours d’une cérémonie le vendredi 30 janvier dernier à l’auditorium
de l’Université de Lomé.
Apres l’installation
des invités, la cérémonie de lancement a débuté comme prévu aux environs de
15heures. L’auteur a, dans son mot de bienvenue, témoigne sa gratitude aux différentes
personnalités qui ont honoré l’évènement de leurs présences. Il a ensuite, dans
ses mots introductifs, fait une brève présentation du titre de l’œuvre. En
effet, Watain est un nom bassar donne aux enfants sacres et qui désigne littéralement
<<la terre du fétiche>> ou <<l’enfant du fétiche>>. Les
garçons se prénomment <<Wadja>> et l’équivalent féminin est
<<Wapou>>. Généralement réservé aux femmes, le nom
<<Watain>> a été donne dans l’ouvrage à un homme. Dr GMAKAGNI a également
indiqué qu’il existait quatre types de noms en pays bassar dont les noms
maternels et de signification, ceux importes et les noms de jour. Les premiers
sont donnes aux enfants en référence à la profonde reconnaissance que la
tradition exprime à l’égard des femmes, véritables sources de vie de l’humanité.
Il s’agit entre autres de Napo, Agba, Nikabou pour les garçons et de Monfaye,
Namon, Adjo pour les filles. Quant aux noms de signification, ils tirent leurs
origines des visions ou souhaits des parents. C’est le cas du nom de l’auteur,
GMAKAGNI, qui veut dire <<qui ne connait pas>> ou encore de
Tchamanmi signifiant <<laissez-moi en prison>>. Ce roman d’une
centaine de pages paru en octobre dernier aux éditions Panthéon porte sur la problématique
du mérite face aux pratiques tribalistes de même que la discrimination et les
querelles d hiérarchie. L’ouvrage met aussi un accent sur la brillance scolaire
et les réalités de la vie professionnelle. L’absence de liberté d’expression et
le contraste du statut du journaliste africain y sont mis en exergue. L’auteur
sillonne à travers les pages les artères de l’administration infestée par la
corruption et le népotisme qui l’emportent sur le mérite et la compétence. Il
peint un sombre tableau des femmes qui, à son avis, constituent des occasions
de chute pour les hommes. <<A une heure ou les Togolais doivent s’unir et
oublier les démons du passe, il faut que cessent ces pratiques malsaines qui
avilissent l’image de notre société>>, a-t-il entre autres déclaré. D’autres
littéraires ont assisté à cette cérémonie à l’instar du poète Joseph Kokou
KOFFIGOH. Il a, dans sa prise de parole, félicité l’écrivain qui est à son
premier ouvrage. Selon ses propos, Dr Nikabou GMAKAGNI vient d’ajouter une
touche particulière à la littérature togolaise jeune et peu féconde. Apres les
prestations des artistes de la chanson comme Ali Bawa et Bibi Reine, la cérémonie
s’est clôturée tard dans la soirée avec un cocktail dinatoire.